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Carnet Libre

The Greastest Showman

The Greastest Showman

La campagne électorale pour l’élection partielle au Conseil d’Etat bat son plein et si personne n’est capable aujourd’hui d’en pronostiquer son résultat le 7 mars prochain, ce qui est certain c’est que cette dernière est digne d’une histoire des Mille et Une nuit :

Suite à sa brillante réélection le 15 avril 2018 avec 50'180 votes (51,1%), « El Presidente » avait laissé tous ses adversaires derrière, les laissant se débrouiller pour leurs propres élections lors d’un second tour, si indigne de lui.  

Véritable « Gouverneur » du canton, grâce à la réforme de la constitution genevoise et à la création du département présidentiel, Genève retrouvait donc sa vie paisible d’avant Réforme et son Prince-Évêque. 

Tout était parfait, le bon peuple était heureux. Quand tout à coup, il aura fallu un malheureux voyage, en famille, aux Emirats Arabes Unis pour que tout s’effondre. 

L’heure n’était plus à la fête mais au scandale. Articles de presse, mise en examen et instruction judiciaire. Dans la gentille République, on découvrait que l’Élu aurait été mal influencé et qu’il aurait même joué au jeu de la soustraction fiscale. 

Après s’être fait sortir de son parti politique, comme on le fait avec un client qui a trop bu et harcelé le personnel en boite de nuit, il se fit retirer tout pouvoir par ses collègues du Conseil d’Etat. 

Fin de partie ? Pour celui qui avait jusque-là tout maîtrisé et anticipé ?

Bien sûr que non, puisque « The Show Must Go On ». 

D'ailleurs, la meilleure défense étant l’attaque, l’ancien enfant prodige, nouvel ange déchu des médias et de la classe politique (mais pour combien de temps?) aura donc démissionné, pour lancer une campagne électorale, tout en préparant sa propre réélection, pendant un procès où il est reconnu coupable de corruption (« acceptation d’un avantage » comme on dit poliment).

Tour de passe passe qui a pour but de faire tourner les têtes pour ne pas perdre la sienne, notre Phineas Barnum local, immense acteur, sait tout jouer et en toute circonstance:

Homme d’Etat, représentant de la « colère » du peuple pendant cette pandémie sans fin, victime de lui-même et de son « humanité », il a même réussi à faire croire suite à sa condamnation que finalement il avait gagné. Un peu comme tous les politiciens lors des soirées électorales! 

Rendez-vous compte de « l’immense chance » que tous nos indépendants, commerçants et citoyens auront de pouvoir compter sur l’homme providentiel et surtout neuf, qui est au gouvernement cantonal seulement depuis 2012, et qui était déjà en 2007 Conseiller administratif de la Ville de Genève.

Surréaliste saison politique à laquelle nous assistons. 

Alors que dans n’importe quelle autre démocratie occidentale, la décision de justice, voir même l’étape précédente de mise en examen et d’instruction aurait marqué pour des raisons morales, politiques, médiatiques la fin du spectacle, dans le tout petit canton au bout d’un lac, d’un tout petit pays, situé au centre du continent européen, on n’imagine plus arrêter « l’incroyable spectacle ».

Nous voilà tous comme prisonniers, dans un espace-temps politique où se succède « Secret Story » lors des jours du procès et la nouvelle émission dérivée et locale de « l’incroyable famille Kardashian » … 

Pendant ce temps-là, une classe politique qui semble sous acide, complètement dépassée, assiste médusée au spectacle offert par « The Greatest Showman ». Spectatrice de sa propre campagne électorale, n’en maîtrisant ni les débats, ni l’agenda, elle vit désormais sous emprise, et en totale dépendance du prochain épisode. 

Comment se finira l’histoire ? Suspense jusqu’au 7 mars prochain pour un début de réponse.

Mais que notre apprenti sorcier n’oublie pas, comme on dit à « Storybrooke », la magie a toujours un prix.

  

 

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