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Carnet Libre

Démocracie restaurée

Démocracie restaurée

Le second procès de Donald J. Trump par le Sénat américain qui a démarré cette semaine est un de ces
moments qui servira sans aucun doute d’exemple dans les années à venir, pour démontrer les effets
pervers de la brutalité d’une communication politique du Tweet, des réseaux sociaux et du raccourci.
Une communication aussi bien évidemment du mensonge. De la volonté de vivre et faire vivre ses
partisans dans une réalité virtuelle qu’il aura nourrie pendant des mois et même des années.
S’il est déjà évident que l’ancien président US ne sera pas condamné par le jury d’élus que sont les
sénateurs, la courte majorité Démocrate n’ayant vraisemblablement pas les 17 Sénateurs Républicains
prêts à condamner l’ancien Tycoon New Yorkais, n’arrivant pas à la majorité qualifiée des 2/3 des élus,
ce procès est néanmoins vital pour la démocratie américaine et pour sa classe politique.
Vital car il est obligatoire d’expurger le désormais indélébile 6 janvier 2021.


Jour maudit dans l’histoire US, qui aura vu une attaque barbare tenter de prendre possession du
Congrès américain et de prendre en otage, voire même de tuer un certains nombres d’élus. Et non pas
seulement des élus Démocrates, mais aussi des Républicains.

Nous sommes désormais à des années lumières des commentaires entendus le soir même, notamment
en France, où certains osaient dire que ce moment, « certes dramatique, n’aurait pas un impact si fort
que cela… » Que ça ressemblait assez à un samedi à un samedi « parisien » époque « Gilets Jaunes ».
Et puis « regardez, il y en a qui sont mêmes déguisés ». Finalement pour eux c’était « Carnaval au
Capitole ». De quoi faire des « mems », des « selfies » et des « strories » sur Twitter et Instagram…
A croire que ça rendait, le drame et l’attitude des barbares presque sympathiques…
Le président américain lui-même regardant ce qui s’y passait comme une énième émission de
téléréalité...

Triste monde, dans lequel une bonne blague et un bon mot sur Twitter, voir une bonne vidéo bien
détournée, vaut plus que la réalité dramatique qui se joue devant nos yeux. Apparemment incapables
de distinguer désormais le vrai du faux.

Il faut suivre les débats en « Live », voir les nouvelles vidéos qui sont présentées depuis 3 jours pour en
comprendre et en saisir toute la violence. Pour ressentir à quel point, les partisans les plus extrêmes de
Donald Trump ont tenté un véritable viol d’une des plus anciennes institutions de nos démocraties
modernes. Des citoyens, des partisans à qui on a lavé le cerveau pendant des mois pour leur dire que si
leur chef perdait, c’était parce que tout était un mensonge, une dystopie.
La présentation des élus démocrates de la Chambre des Représentants, désignés comme Procureurs du
procès, est faite avec rigueur, avec calme, un précision chirurgicale, face à une défense jusque-là
brouillonne, concentrée sur la forme du procès et sur la procédure.

Aussi immoral que soit le monde politique de « Washington » dans sa vie quotidienne remplie de
lobbies et d’intérêts croisés, ce qui s’est passé le 6 janvier dernier, est sans aucun doute la goutte d’eau
qui aura fait déborder le vase et surtout qui aura sans doute rappelé à de nombreux « cyniques et
opportunistes » du système politique que l’engagement pour la démocratie est au départ une action
noble.


Nous avons tous été biberonnés aux symboles de liberté et de démocratie que représentent le Capitole
et la Maison Blanche. Sans oublier la Statue de la Liberté sur son Ile New Yorkaise. Certains d’entre nous
avons rêvés de faire de la politique comme dans la fameuse série « A La Maison Blanche – The West
Wing » d’Aaron Sorkin, avec le si parfait « Président Bartlet ».

La fin des années 1990 et le début des années 2000 de la série est désormais une époque révolue…
lointaine. Nous avons basculé depuis dans un autre monde. Dans une réalité faite d’incertitudes
démocratiques, où même dans en Amérique, tout peut basculer. Sur incitation du Président.
Le Congrès US a commencé un travail vital et nécessaire. Qui sera long et fastidieux mais qui doit
permettre de restaurer sa démocratie.

A Genève, nous saurons dans quelques semaines si nous élirons de nouveau un Elu au Conseil d’Etat qui
a menti en toute tranquillité depuis deux ans et qui se fait passer pour une victime, ou si nous arriverons
à redorer notre petite République dans sa dignité démocratique.

La démocratie est précieuse. Elle est fragile. Elle mérite une attention particulière.

Président Bartlet, revenez vite, ils sont tous devenus fous.

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