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Carnet Libre

Confusion démocratique

Confusion démocratique

Qu’est-ce que l'invasion du Congrès américain, une crise de palais à Rome, une élection complémentaire locale dans le canton de Genève, peuvent donc bien avoir en commun?

A priori rien si ce n'est que les 3 événements démarrent avec le début de cette nouvelle année lors de l'interminable mois de janvier.

Année 2021 qui pour certains devait arriver et balayer d'un coup de baguette magique l'annus horribilis qu'était 2020 pour la planète. Sans doute avaient-ils trop regardé les rediffusions d'Harry Potter lors des fêtes de fin d'année, pensant qu'en lançant le sort "Riddikulus", ils allaient faire disparaître, la pandémie et toutes ses désastreuse conséquences, tel un "Epouvantard" de la saga du jeune magicien...

Mais revenons à notre mois de janvier, qui nous a déjà démontré que cette année serait sans aucun doute la suite de la précédente avec ces 3 phénomènes démocratiques en moins d'un mois.

Car ne nous y trompons pas, aussi bien l'invasion du Congrès Américain dont on ne voit pas encore la fin des répercussions et des dommages qu'elle aura sur la démocratie made in USA, la crise gouvernementale que vit l'Italie, que notre élection gouvernementale partielle genevoise, sont les éléments tangents de l'affaiblissement de nos démocraties.

Nous les avons crus toutes puissantes suite à la fin des régimes fascistes du XXème siècle. Certains que la "bête immonde" avait été vaincue une fois pour toute après la guerre, les procès, la mise en place d'institutions mondiales et internationales, garantes d'une meilleure justice politique et démocratique...

Malheureusement comme souvent, nous nous sommes relâchés, peu à peu nous avons fait avec:

Avec les régimes non-démocratiques qui continuaient à fleurir un peu partout, mais nous avons souvent tourné l’œil, surtout ne pas être trop regardants sur nos propres principes tant qu'il y avait de bon contrats à signer pour faire tourner les grandes industries nationales...

Avec l'affaiblissement de la parole publique, les affaires, les mensonges, des élus, puis des Etats...

Avec les responsables politiques qui, à un moment ou à un autre, nous sommes tous contentés du nombre de moins en moins important de votants. Nous rassurant entre nous que s'ils étaient de moins en moins nombreux à s'intéresser à la vie politique, aucun problème, tant qu'ils votaient pour nous... 

Comme aimait à le dire un de mes anciens collègues du Conseil municipal de la Ville de Genève avec qui nous partagions la même étiquette politique: "Le plus important c'est que nous soyons bien entre-nous". Divin entre soit, encore meilleur avec un verre de Whisky à la main. 

Avec un relativisme absolu de ce qui est juste, ne l'est pas, vrai ou non. La vérité des faits, la cohérence, au fond tout ça n'a pas vraiment d'importance, tout est relatif? Non? 

Le plus important c'est bien: "ma perception, mes émotions, et à la manière dont je me concentre sur moi même"?

Parce que c'est bien ce que mes "amis" les "Influencers" me disent toute la journée, depuis des années sur les réseaux sociaux.

Mantra qui a fini par se distiller en nous tous. Et qui, soyons honnêtes, finalement nous convient assez bien pour mener nos vies quotidiennes. Comme ça aucune question. Que des réponses intérieures.

Alors, qu’est-ce que l'invasion du Congrès américain, une crise de palais à Rome, une élection complémentaire locale dans le canton de Genève, peuvent donc bien avoir en commun?

Rien, sauf des années à siroter notre cocktail de satisfaction qui nous donnait l'impression d'être sans danger et sans alcool.

Notre système démocratique était si grand, si puissant, si victorieux. Nous avions gagné face à l'horreur. Drapés de notre victoire morale sur les anciens fascismes, enivrés depuis plus de 70 ans dans une gloire passée et une image de nous même complètement surannée, impossible de nous rendre compte que nous n'étions plus lucides depuis longtemps. 

Rien, sauf cette impression que nous sommes plus que jamais en pleine confusion démocratique, non plus locale, nationale, mais mondiale.

Serons-nous capables de dessoûler et de reprendre la lucidité et le courage de nous battre de nouveau pour renforcer nos démocraties et l'intérêts de nos citoyens à notre mode de vie?

Après la pandémie sanitaire, la pandémie démocratique? 

Qui sait...

A suivre...

 

 

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